Mesdames et messieurs les dirigeants et membres du Mouvement des Forces vives (F 24) ; Mesdames et messieurs les dirigeants et membres de l’Association Nationale pour l’Emergence d’une Nouvelle Citoyenneté (ANENCI) ; Mesdames et messieurs les dirigeants et membres du Réseau des Clubs de Littérature, d’Art et de philosophie (RESACLAP) ; Mesdames et messieurs les dirigeants et membres du Groupe de Réflexion et d’Action de l’Association Présence Chrétienne (APC-GRA), Mesdames et messieurs les invités, Mesdames et messieurs les apprenants,
C’est un immense honneur pour moi d’avoir reçu la délicate charge de prononcer devant cette auguste assemblée la leçon inaugurale, et je remercie sincèrement les organisateurs pour ce choix porté sur ma modeste personne.
Je voudrais d’abord féliciter les Organisations qui ont posé un acte d’une grande importance en mettant en place l’Académie Citoyenneté et Excellence afin de pouvoir apporter leur contribution à une œuvre hautement patriotique qui est de « faire émerger dans l’espace scolaire, et plus tard dans la société, une génération de citoyens éclairés, responsables et décomplexés, conscients de leurs devoirs et de leurs droits, imbus de valeurs de solidarité, d’intégrité et de patriotisme, toujours soucieux de trouver des solutions aux problèmes et préoccupations de la collectivité ».
J’ai compris, qu’il s’agit pour l’Académie Citoyenneté et Excellence, d’apporter sa pierre à l’édification d’une société vertueuse avec de « bons citoyens » qui contribueront à l’optimisation de la vitesse de construction d’une « Nation souveraine, juste, prospère et ancrée dans des valeurs fortes ».
Il apparait cependant, que ce noble objectif ne pourra être pleinement atteint, sans une épuration des mœurs sociales, politiques et gouvernementales, car notre pays traverse depuis très longtemps une crise morale, qui malheureusement ne faiblit pas, malgré les bonnes actions qui ont été posées par nos devanciers et les actuelles Organisations civiles de défense des valeurs et d’éducation à la citoyenneté, ainsi que par des guides et éducateurs religieux.
C’est cette situation qui donne toute sa pertinence au thème qui est intitulé :« Pour des citoyens éclairés, imbus des valeurs culturelles fondamentales de leur peuple ». Traiter ce sujet m’offrira l’occasion d’essayer de répondre à la question : Qu’est-ce qu’il faudrait faire pour l’émergence de citoyens éclairés imbus des « valeurs culturelles fondamentales qui constituent le ciment de la Nation » et auxquelles le Peuple a dit être « profondément attaché », dans le Préambule de la Constitution ?
Pour cela je vais dans un premier temps étayer l’effectivité de cette crise morale, ensuite mettre brièvement en exergue ses causes et ses conséquences, puis évoquer l’éducation qui est universellement reconnue comme étant le principal outil permettant de transformer la manière d’être et de faire des citoyens, en insistant sur l’impératif qu’il y a à donner aux jeunes sénégalais la meilleure éducation sociale, morale et civique possible, pour après formuler des conseils aux apprenants et terminer par une recommandation aux actuels décideurs de la République qui sont les premiers responsables de la santé morale des populations,
Effectivité de la crise morale
Dans son Rapport de décembre 2013, la Commission nationale de réforme des institutions (CNRI) « a fait le constat d’un dépérissement inquiétant des vertus de la citoyenneté, du civisme, de l’éthique, du respect du bien commun, du sens de la responsabilité et de la solidarité. Des actes d’incivisme, d’indiscipline et de défiance vis-à-vis de l’autorité étatique sont de plus en plus notés. Il en est, également ainsi de la promotion d’ »anti-valeurs » préjudiciable à la bonne éducation de la jeunesse. » La Commission a aussi estimé que « le peuple sénégalais a le devoir de rester enraciné dans ce qu’il y a de meilleur dans nos valeurs culturelles et celles, morales et spirituelles du patrimoine commun de l’humanité. Le respect des personnes âgées, le sens de l’honneur et de l’hospitalité, les égards et la considération dus aux autorités et institutions de la République, les comportements empreints de dignité constituent des valeurs à sauvegarder » et « l’exemplarité des dirigeants ne doit souffrir d’aucune limite à quelque niveau où ils se situent, (…). »
Ce « dépérissement inquiétant des vertus de la citoyenneté » au sein de la société sénégalaise est loin d’être un phénomène récent, car bien avant 1920, la crise morale au sein de la Communauté musulmane était une réalité. En effet, le vénéré El Hadji Malick Sy avait publié en 1920 un ouvrage « Kifaayatu ar-Raa’hibiin » pour lutter contre cette crise morale. Le Docteur Mouhamadou Mansour Dia nous apprend dans son livre intitulé « La pensée socioreligieuse d’El Hadji Malick Sy Kifaayatu ar-Raa’hibiin » que le saint homme y a indiqué que : « (…) la corruption a également gagné les marabouts lorsque certains d’entre eux ont commencé à s’intéresser aux vanités de ce monde et à utiliser leurs connaissances à d’autres fins ; ils procèdent à la mystification des adeptes. (…). Ils utilisent leurs sciences ésotériques et subtiles à des fins précises. Par exemple, pour abuser les cœurs des masses, pour accaparer les biens des démunis, pour mépriser les pauvres, pour autoriser les interdits et les innovations au point que beaucoup d’entre eux ont fini par apostasier leur foi. (…). »
Par ailleurs, dans son « Traité de soufisme Massàlik al Jinàn Les Itinéraires du Paradis », qu’il a présenté comme « un ouvrage contenant le remède de tout homme, dont la passion mondaine a terni le cœur et l’a rendu spirituellement malade » (vers no27), le vénéré Cheikh Ahmadou Bamba a évoqué dans les vers 1432 à 1459 ces « faux chefs religieux » qui pour lui sont « des fourbes, des coquins », des « vilains rusés » qui, « se targuant de perfection et de sainteté, accablent les gens par leurs multiples et diverses relations », des « mercantiles », des « hypocrites », des « assoiffés de fortune et de prestige », des « aigrefins » qui « évoquent très souvent Allah par leur langue alors que leur cœur reste parmi les plus corrompus de ce monde ».
Malheureusement cette crise morale au sein de la Communauté musulmane s’est approfondie avec les dérives verbales blasphématoires, l’accroissement du nombre de chefs religieux trop intéressés par les jouissances terrestres, la mystification par des faux chefs religieux qui égarent ceux qui les suivent, l’abandon de certains piliers de l’Islam par des personnes qui disent appartenir aux confréries et les concurrences malsaines alimentées surtout par ces faux chefs religieux et des conférenciers outrageusement zélés.
S’agissant de la « mal gouvernance » qui est le second volet de la crise morale, je vais me limiter à l’éclairage fournie par feu le juge Kéba Mbaye dans la leçon inaugurale qu’il avait donnée le 14 décembre 2005 à l’Université Cheikh Anta DIOP de Dakar. S’exprimant sur la crise politique du 17 décembre 1962, il avait notamment dit : « Hélas, le 17 décembre 1962, ils (les Présidents Léopold Sédar Senghor et Mamadou Dia) se sont brutalement séparés. Avec eux, notre pays, a été divisé en deux : les « amis de Mamadou Dia » et les autres. Les premiers étaient éloignés de tout, s’ils n’étaient pas simplement mis en résidence surveillée ou incarcérés. Après ces événements, j’ai eu le sentiment très net que depuis lors, les Sénégalais, à tort ou à raison, instruits de ce qui semble être la doctrine des autorités qui les dirigent, la confiance en leurs seuls hommes supposés fidèles et non à tous les Sénégalais compétents, se sont déterminés à prendre une assurance contre les aléas de la vie politique de notre pays. Cette assurance vous le devinez, consiste à se prémunir contre des jours futurs durant lesquels on est écarté de sa « place » ou de tout. Elle conduit, quand on est encore dans une bonne « place », à rien d’autre qu’à la recherche de biens par tous les moyens, d’où la déviance vers l’enrichissement illicite, le « giiro », la corruption sous toutes ses formes, l’absence de l’amour de la nation. »
Le troisième volet de la crise morale est « la corruption des rapports sociaux » que je considère comme une résultante des deux précédents. En fait, les rapports sociaux sont actuellement corrompus par la déification des richesses matérielles, des plaisirs et du pouvoir qui dans un système de mal gouvernance facilite les acquisitions illicites et les jouissances débridées ; par le mensonge, l’hypocrisie l’égoïsme, l’injustice et l’iniquité, ainsi que par la méchanceté, la jalousie et l’envie qui sont trop souvent opérationnalisées par des actes maléfiques tels que le maraboutage.
Les causes de la crise morale
Les causes de cette crise morale tridimensionnelle sont principalement un leadership déficient dans toutes les sphères de la société ; un déficit de patriotisme et une inadéquation de l’éducation sociale, morale, civique et religieuse dispensée aux jeunes sénégalais. Mais, le Peuple ayant constitutionnellement consacré sa croyance en Dieu, à travers le serment du Président de la République qui « jure devant Dieu et devant la Nation sénégalaise », il apparait que la cause centrale de ce fléau est l’abandon de Dieu, entendu comme le fait pour un croyant de poser sciemment un acte interdit par le Créateur.
Parmi ces trois principales causes, le leadership déficient est le plus destructeur et c’est pourquoi, la crise morale est aussi une crise de leadership. En effet, si tous les leaders étaient des patriotes, vertueux, intègres et exemplaires, fondant l’exercice de leur autorité sur la vérité, la justice, l’équité et l’amour des autres et de la patrie, alors ils allaient constamment donner, par leur manière d’être et de faire, une bonne « éducation morale ou civique pratique » à ceux qui sont sous leur autorité, et ils auraient fait d’eux de bons citoyens, qui se seraient interdits toute implication dans les expressions de la crise morale.
Les conséquences de la crise morale
Ces vices qui ont corrompu les rapports interpersonnels ainsi que ceux que les citoyens entretiennent avec l’État, les Organismes employeurs, les Communautés d’appartenance, l’environnement et les utilités communes, sont des freins au développement personnels d’un nombre trop élevé de citoyens victimes de leurs semblables. En outre, il est prouvé que la crise morale est retardatrice, handicapante, séparatrice et destructrice de bonnes ambitions et de qualités morales du fait de la difficulté qu’il y avait à résister aux possibilités d’enrichissement illicites volontairement entretenues, surtout par les deux derniers régimes. Par ailleurs, « cette confiance des détenteurs du pouvoir en leurs seuls hommes », est un obstacle à l’optimisation de la vitesse d’évolution du pays vers le développement socioéconomique car, avec une Administration excessivement politisée, de nombreux sénégalais, qui ont donné la preuve de leur compétence et de leur haute valeur morale sont marginalisés, alors que la valeur morale revêt une importance capitale dans les performances de tout Organisme.
Importance de l’éducation morale
C’est d’ailleurs pourquoi les vaillants bâtisseurs de la Gendarmerie nous ont laissé une affirmation jamais démentie que je paraphraserai en disant que « la force de tout organisme étatique est « faite de la valeur professionnelle et technique des personnels qui le composent, mais plus encore de leur valeur morale. Porter et maintenir au plus haut niveau cette valeur, constitue le but de l’éducation sociale, morale, civique et religieuse théorique qui doit être soutenue par celle pratique émanant de la manière d’être et de faire des leaders qui ont l’obligation d’être des exemples de droiture pour ceux qui sont sous leur autorité »
En fait, il est universellement admis que l’éducation est le principal outil permettant de transformer les cœurs et les esprits qui constituent la source de toutes les œuvres humaines. C’est donc par une éducation sociale, morale civique et religieuse des jeunes et par une conscientisation des adultes, toutes adaptées, qu’il faudra semer dans les cœurs et les esprits la haine des vices qui ont corrompu les rapports sociaux et l’amour des vertus ou des valeurs culturelles fondamentales chères au peuple sénégalais.
Pour soutenir l’importance de cette éducation je m’en vais partager avec vous une pensée d’un Colonel d’infanterie dans son livre « Conseils d’un Militaire à son fils » paru en 1781. Il a écrit, je cite : « l’objet de la vraie discipline est de former des hommes braves, fermes, patients, intrépides, vertueux et pleins d’honneur, c’est elle qui rend une armée redoutable. (…). La bonne discipline est au soldat, ce qu’une bonne éducation est à la jeunesse ; l’une et l’autre les portent au bien et à la haine des vices opposés aux vertus qu’on leur inspire. L’une et l’autre forment des sujets utiles à la patrie. (…). La discipline qui inspire au soldat la valeur, s’enseigne comme la physique et la géométrie », fin de citation.
L’éducation sociale, morale et civique ou l’éducation civique tout court devrait donc être « enseignée comme la physique et la géométrie ». C’est pourquoi dans la réforme des curricula de l’École sénégalaise, il importerait de donner à cette discipline toute la place qu’elle mérite. L’éducation sociale, morale et civique ainsi instituée comme une discipline à part entière, devrait aussi être une matière obligatoire dans tous les examens et concours, avec un coefficient suffisamment émulateur pour s’assurer que les futurs responsables sénégalais auront acquis la « science du bien et du mal » et la volonté de toujours bien se conduire, en fondant leurs différents rapports sur l’amour, la vérité, la justice et l’équité.
Adaptation de l’éducation sociale, morale et civique ainsi que la conscientisation
L’abandon de Dieu étant la cause centrale de la crise morale, le retour vers Dieu est l’unique solution de sortie de ce fléau. Aussi, donner la meilleure éducation possible aux jeunes et fournir une adéquate conscientisation aux adultes commande la prise en compte des prescriptions coraniques et bibliques qui sont les principales sources de la spiritualité des croyants, inséparable de leur manière d’être et de faire. En effet, il apparait incongru de vouloir donner à des citoyens la meilleure éducation possible sans faire appel à la source de leur nourriture spirituelle. C’est pourquoi l’éducation sociale, morale et civique des jeunes, prévue aux articles 11 et 12 de la loi n° 91-22 du 16 février 1991 portant orientation de l’Education nationale devrait être adaptée.
Les livres sacrés, instruments d’adaptation de l’éducation et trésors insuffisamment exploités
L’utilisation du Coran et de la Bible, pour l’adaptation de l’éducation est d’autant plus pertinente que les valeurs religieuses qu’ils portent sont, pour l’essentiel, ni antinomiques avec les lois et règlements de la « République laïque, démocratique et sociale », ni antithétiques avec les valeurs que chérissent les adeptes de la religion « négro-africaine. »
Même s’il est fort probable que le caractère laïque de la République sénégalaise qui est présente sans interruption dans la Constitution depuis l’indépendance a été pendant longtemps le principal obstacle à l’adaptation de l’éducation civique par la prise en compte de la morale religieuse, il est vraiment temps que cette fausse barrière soit levée d’autant plus qu’il y a de nombreux faits qui prouvent que les gouvernants sénégalais doivent avoir une compréhension de la laïcité différente de celle des autorités françaises.
En effet, le Sénégal n’est pas la France où 51% des citoyens seraient des athées1, et en dehors du fait que le Peuple a constitutionnellement consacré sa croyance en Dieu, il y a notamment une plus grande implication financière de l’État dans les affaires religieuses non régaliennes ; l’institution d’un « sous-secteur des daaras » au sein du secteur de l’éducation et les prières à l’occasion de certaines rencontres présidées par des hauts responsables étatiques.
Cependant, la « laïcité à la sénégalaise » doit être sauvegardée, parce qu’elle permet notamment de garantir « l’égalité devant la loi de tous les citoyens, sans distinction d’origine, de race, de sexe ou de religion » ; d’assurer « le rejet et l’élimination, sous toutes leurs formes de l’injustice, des inégalités et des discriminations » raciales, ethniques ou religieuses, et de veiller à ce qu’aucune religion ne régente l’exercice du pouvoir politique et administratif ainsi que l’organisation de l’enseignement public. Elle met aussi l’État à l’abri des pressions de groupes religieux qui entraveraient le respect des principes de justice et d’équité.
Le Code de conduite du croyant sénégalais (3CS) : un outil pour l’adaptation de l’éducation des jeunes et des opérations de conscientisation des adultes
La concordance entre les prescriptions d’ordre éthique portées par le Coran et celles contenues dans la Bible et le fait que ces prescriptions ne soient pas antithétiques avec les « valeurs culturelles fondamentales » léguées par les aïeux permettent d’envisager objectivement l’élaboration d’un « Code de conduite du croyant Sénégalais » (3CS) sur la base des données formelles des deux livres sacrés complétées par des proverbes, des adages, des maximes et des contes véhiculant les « valeurs cultuelles fondamentales » ou traditionnelles d’ordre éthique portées par la religion négro-africaine. Ce Code de conduite qui servirait alors d’instrument pour l’adaptation de l’éducation sociale, morale et civique dans tous les cycles de l’éducation nationale et dans les écoles confessionnelles serait le réceptacle de la nourriture spirituelle des croyants sénégalais et ne comporterait rien de tout ce en quoi les deux religions révélées divergent. Ce Code renforcerait l’ouverture d’esprit et la culture religieuse des jeunes et leur permettrait de mieux s’entre-connaitre grâce à l’intériorisation de ce qui les unit et de ce qu’ils ont en commun. Par ailleurs, en plus d’assurer la continuité entre l’éducation familiale et celle dispensée dans les écoles, ce Code renforcerait la tolérance et le respect interreligieux,
Conseils aux apprenants
Je voudrais maintenant formuler des conseils aux apprenants qui je l’espère vont pouvoir bénéficier dans un avenir proche d’une éducation sociale, morale et civique adaptée qui fera d’eux des « citoyens imbus des valeurs culturelles fondamentales chères au Peuple du Sénégal souverain.
Chers apprenants, je vous félicite pour cette cérémonie organisée en votre honneur par l’Académie Citoyenneté et Excellence. Je vous invite à prendre conscience du fait que le destin de notre pays sera prochainement entre vos mains. C’est maintenant que vous êtes jeunes que vous devez choisir la bonne personne que vous voulez être. Et, si vous vous battez pour cela, sans tricher et en vous évertuant à fonder tous vos rapports sur l’amour, la vérité, la justice et l’équité, alors vous aurez certainement le soutien de Dieu qui est avec les véridiques et les endurants.
Je voudrais donc vous dire :
– Cultivez sans cesse votre amour de la vérité et n’ayez pas peur de la solitude quand vous êtes dans le « droit chemin » ;
– Faites preuve de modestie, de respect d’autrui, de tolérance, de simplicité, de courtoisie, de compassion, de bienveillance dans vos rapports avec les autres notamment vos parents, vos voisins, les personnes âgées, les malades, les pauvres, les déprimés, les affligés, les déplacés, les besogneux, les voyageurs et les orphelins ;
– Sachez tirer les leçons de vos erreurs et de vos échecs, ne vous découragez jamais, apportez des corrections dans vos comportements et vos décisions et ayez toujours un esprit positif tourné vers l’avenir ;
– Refusez de nouer des alliances avec les transgresseurs (les injustes, les criminels, les méchants, les menteurs, les impudiques et les hypocrites). Cependant, vous avez le devoir, en fonction de vos capacités, d’essayer de les sortir de leur égarement pour les ramener dans le « droit chemin » ;
– Ne jalousez pas et n’enviez pas les autres pour leur pouvoir ou leur richesse. Félicitez sincèrement les bénéficiaires de bénédictions du Seigneur ; cherchez modestement à imiter les bons comportements des personnes valeureuses et vertueuses et prenez exemple sur ceux qui ont pu réaliser honnêtement des choses exceptionnelles ;
– Contribuez à sauvegarder les merveilles de la nature et de l’environnement et respecter les utilités communes constituées par les infrastructures et tous les moyens par lesquels l’État assure ses charges régaliennes. Toutes ces choses sont des biens appartenant aussi à ceux qui hériteront de la terre du Sénégal après vous ;
Pour le développement d’une « Stratégie nationale de sortie de la crise morale »
Enfin, je voudrais recommander humblement aux actuels décideurs de développer une « Stratégie nationale de sortie de la crise morale » à la suite de la « Stratégie nationale de lutte contre la corruption 2020-2024 (SNLCC 2020-2024) qui a été adoptée à l’occasion du Conseil des ministres du mercredi 16 septembre 2020, d’autant plus que la corruption n’est qu’une des expressions de la crise morale. En effet, face à l’incapacité de toutes ces bonnes et innombrables actions, qui ont été prises jusqu’ici, d’éradiquer la crise morale, il apparait évident que seule une dynamique nationale pilotée par l’État permettra de sortir le pays de ce fléau et de réussir l’indispensable « refondation éthique de la société » qui « semble être aujourd’hui la condition d’émergence d’une nouvelle citoyenneté, autonome et responsable, à même de garantir l’existence d’institutions fortes, stables et crédibles, sans lesquelles aucune gouvernance économique vertueuse n’est possible » comme cela a été indiqué, il y a plus de seize (16) ans dans le résumé des travaux des différentes commissions des Assises nationales daté du samedi 23 mai 2009.
L’élaboration et l’implémentation de cette stratégie devrait permettre d’avoir à moyen terme une société vertueuse avec de « bons citoyens-croyants » fondant leurs différents rapports sur l’amour, la vérité la justice et l’équité et desquels seront issus les « bons gouvernants » de demain qui seront aptes à poursuivre efficacement cette construction sans fin du « Meilleur Sénégal possible » pour les générations futures ; construction à laquelle l’Académie Citoyenneté et Excellence est en train d’apporter sa pierre.
Ceci met fin à mes propos. Merci encore aux organisateurs ainsi qu’à chacune et à chacun de vous pour son aimable attention.

NOTE :
1: « Dieu, la science et les preuves l’aube d’une révolution. La science, nouvelle alliée de Dieu » by Steve, Michel-Yves Bolloré et Olivier Bonnassies, (éd. Guy Trédaniel) https://www.youtube.com/watch?v=Cq_NWuqJFIw
« 51 % de français athée. (…) 51 % des grands scientifiques américains sont croyants »
Par le Colonel (er) de Gendarmerie Tabasky DIOUF

Magnifique article avec lequel je me sens parfaitement en phase.
Bravo